• ARTEMISIAPremière femme à être reconnue par l'Académie, Artemisia s'est battue contre les hommes, leurs préjugés, leur toute puissance et leur condes-cendance. Née en toute fin du XVIe siècle, elle est la fille d'un peintre dans l'atelier duquel elle montre très jeune, contrairement à ses frères, une curiosité, un intérêt, un talent certains pour l'art pictural. Sa beauté lui vaut d'attiser la concupiscence des plus hardis. Un homme, Agostino Tassi, sous couvert de lui enseigner à la demande de son père l'art des décors en peinture, abuse de sa position et de sa force pour violer l'encore innocente jeune fille. Artemisia sûre de n'être pas crue ou de subir la vindicte publique passe sous silence les assauts répétés de son précepteur. Un jour, le père, volé de quelques toiles par le faquin, apprend à son grand dam le déshonneur dans lequel a été placé sa fille. Contre toute attente et faisant fi du scandale, il poursuit le maraud en justice. La notoriété d'Artemisia commence par ce procès où est mis en lumière l'ignominie dont son précepteur a été coupable. Artemesia doit à la force de son caractère de ne pas s'avouer vaincue et à sa bonne étoile de se marier en catimini avec un passionné des arts. C'est grâce à ses propres toiles qu'elle entretiendra le train de vie de sa famille. Ses tableaux sont convoités mais, femme du XVIIe, elle est toujours tributaire des hommes, elle ne gagnera sa complète autonomie que le jour où l'Académie la nommera parmi ses membres. Le récit graphique use d'un dessin des plus adéquats, les personnages et les décors sont comme tirés, issus des toiles d'époque. Album fascinant, féministe qui montre quel combat les femmes ont à mener hier, aujourd'hui, demain !

    Auteurs : Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin


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  • MATCHCet album est une véritable gageure car il raconte de bout en bout un match de tennis dans un récit quasi muet de près de 300 pages. Le lecteur entre à reculons sur le cour, imaginant l'ennui des échanges entre les joueurs, mais c'est un match épique et grandiloquent auquel il assiste au final, avec ses surprises et ses rebondissements. Il y a de l'humour à l'italienne, celui du théâtre de la Comedia del'Arte ou celui des films à sketch à la Dino Risi. Le personnage principal est facétieux, plein de burlesque, attachant. Le lecteur vibre pour lui, tourne les pages au rythme des frappes de balle, il se gausse des situations et s'étonne de temps de péripéties dans un seul et même lieu et dans un temps si restreint. Jeu, set et match !

    Auteur : Gregory Panaccione


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  • BONS BAISERS DE LA PROVINCEL'album réunit deux courtes histoires, toutes deux relatives à la petite et la grande délinquance, à des affaires glauques mais vues à hauteur d'homme. La première, "Les innocents", est celle d'un petit garçon curieux, pris en charge pour une journée par son oncle qui a un rendez-vous avec un ami pas revu depuis plus de sept ans, un ami tout juste sorti de prison après avoir purgé sa peine pour tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique. La seconde, "Ils ont retrouvé la voiture", commence par un appel reçu en pleine nuit annonçant énigmatiquement que "la voiture a été retrouvée" et donnant rendez-vous devant le domicile de celui qui, des années auparavant, était censé l'avoir caché de manière définitive. Le point commun entre ces deux histoires est qu'elles semblent enduites de poisse et d'angoisse, pétries de misères sociales et de destins individuels funestes. Le lecteur a le sentiment d'être au côté des protagonistes de chaque histoire, de vivre à l'unisson leur fébrilité et leur détresse. Gipi dessine et raconte comme Baudelaire écrivait ses poèmes.

    Auteur : Gipi


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  • RAPPORT SUR LA TORTURE - LES AGISSEMENT DE LA CIA EN IRAKSynthèse du rapport sur la torture de la Commission sénatoriale états-unienne relative au renseignement, ce récit graphique ne vaut pas pour ses qualités graphiques ou narratives mais pour les informations précises qu'il délivre au grand public, mettant au jour de manière précise les dérives de l'institution Bush après le 11 septembre 2001 dans la récolte des renseignements auprès des prisonniers irakiens, dans l'usage par la CIA de la torture en contravention avec la Convention de Genève ou encore la Convention contre la torture des Nations Unis. Il met en lumière le fait qu'en dépit de l'inefficacité totale constatée des Techniques d'Interrogatoire Renforcées (euphémisme administratif pour "torture"), la CIA en a usé et a tenté de les justifier en occultant la vérité, en faisant de fausses déclarations, en tentant d'induire en erreur les fonctionnaires en charge du rapport sur les activités de la CIA et même, au moment du scandale, en ouvrant des contre-feux médiatiques par des effets de propagande. La CIA apparaît dans ce rapport comme un Etat dans l'Etat, une entité quasiment hors de contrôle, dotée de moyens (tant financiers, qu'humains ou logistiques, voire politiques) sans commune mesure et qui s'abstraie des règles internationales et démocratiques, agissant parfois dans une sombre illégalité et qui au final discrédite toute la nation américaine dans ses prétentions à être le fer de lance de la liberté dans le monde. Ce récit graphique pourrait paraître indigeste mais il recèle des vérités essentielles pour comprendre les rouages des événements. La postface suffirait à elle seule l'acquisition de l'ouvrage !

    Auteurs : Sid Jacobson et Ernie Colon


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  • LE PETIT MOZARTPar des strips des plus truculents, le lecteur explore l'enfance de Mozart. Le petit compositeur déborde déjà d'énergie, d'ingéniosité, de génie, de ruse, d'humour. L'album est plein de facéties et d’espiègleries, Mozart a de la répartie, il ne pense qu'à la musique et rien d'autre ne semble pouvoir l'en détourner. C'est drôle, c'est fin, ça se lit sans fin.

    Auteurs : Augel


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