• NO COUNTRY FOR OLD MENDans les années 1980, un shériff d'un comté du Texas soliloque sur le délitement des Etats-Unis qu'il observe par la consommation de drogues dans toutes les strates de la société et de son trafic effréné et violent. Un brin réactionnaire et conservateur sur certains plans, il jette un regard amer sur son passé et sur son action aujourd'hui. En parallèle, il tente vainement de retracer le fil d'une affaire concernant un de ses administrés, Llewyn Moss, qui semble être pris en chasse par une armée de trafiquants et par un homme plus inquiétant encore que les autres, un psychopathe armé d'un pistolet d'abattoir. C'est cette espèce de course-poursuite, de road-movie, à laquelle invite Cormac McCarthy avec ce récit à l'écriture sans fioriture, brute comme un couperet et qui est un véritable modèle en terme d'ellipse littéraire. Les dialogues sont faits de phrases qui se répondent du tac au tac. Le lecteur est happé par le style et par le rythme de la fuite en avant d'un homme qui sait son destin scellé. La figure de Chigurh, sorte de main du diable, hantera longtemps le lecteur.

    Auteur : Cormac McCarthy


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  • L'HOMME QUI AIMAIT LES CHIENSL'assassinat de Léon Trotski au Mexique en 1940 est l'objet de ce roman dense et ambitieux qui relate non seulement l'exil forcé de Trotski, le harcèlement qu'il a subi de la part de Staline et ses sbires mais aussi le parcours atypique d'un jeune espagnol que sa mère, militante communiste acharnée, s'applique à modeler pour qu'il devienne une arme du parti, un agent de l'ombre discipliné aux multiples identités et dont le destin sera de mourir pour la cause, mais il est aussi question de l'entreprise d'un écrivain en panne d'inspiration qu'une rencontre singulière va ramener sur le chemin de l'écriture. Le récit richement documenté traverse le XXème siècle et les continents, donnant ainsi la mesure de la Révolution d'Octobre et de ses conséquences, la mise en œuvre d'une utopie, de sa naturelle perversion, de la main mise de Staline sur le pouvoir central et son acharnement à éliminer toute opposition ou tout obstacle, érigeant la terreur et la suppression physique de millions d'individus comme seule garantie de conservation du pouvoir. Sont également plus qu'évoqués la guerre d'Espagne, le délitement programmé de l'union des forces républicaines, les différentes étapes de l'exil de Trotski, le Mexique où il vécut ses dernières années, Cuba et les illusions de sa révolution permanente. Ce livre emporte le lecteur dans le souffle de l'histoire où chaque individu est comme un fétu de paille ! L'oeuvre littéraire est grandiose et magistrale !

    Auteur : Leonardo Padura


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  • VIOL, UNE HISTOIRE D'AMOURLe titre est une antinomie et à lui seul un affront à l'entendement et à l'acceptable, comme si d'un mal ignoble pouvait sortir un bien. Martine Maguire et sa fille Bethie, 12 ans, traversent à la nuit tombée, au sortir d'une fête, celle du 4 juillet, le Parc de Rocky Point pour s'en rendre chez elles. Elles regretteront toute leur vie d'avoir pris ce raccourci plutôt que d'emprunter un autre chemin : une bande d'individus éméchés, des gens connus d'elles, les prend à partie, les insulte, les malmène, les agresse et les traîne aux enfers. Bethie parvient in extremis à échapper à ses assaillants qui se tournent tous vers la mère laissée ensuite mourante, exsangue, méconnaissable à cause des coups portés et du viol collectif perpétré... Bethie parvient à alerter la police, les agresseurs sont désignés, interpellés, la mécanique judiciaire démarre, ses rouages écrasent une nouvelle fois les victimes, Martine Maguire ne supportant ni de subir les regards de haine de ses violeurs, ni d'être conspuée par une foule constituée par la famille, les proches et les soutiens des agresseurs, ni de voir la vérité tordue par un avocat de la défense habile et torve. De ce récit âpre, écrit avec un style quasi clinique, ne se dégage aucune morale. Le lecteur prend de plein fouet la violence et la justice des hommes et mâche au fond de sa conscience des idées de vengeance.

    Auteur : Joyce Carol Oates


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  • LA BETELes porcs marrons sont une plaie en Australie, ils prolifèrent notamment dans les marais et dévastent tout. Un sanglier, particulièrement, fait figure de légende et ce depuis peu, non seulement il est d'une corpulence tout à fait phénoménale mais en plus son comportement est des plus atypiques, il déjoue tous les pièges et semble animé d'un esprit de vengeance. Alan Treval, écologiste travaillant pour le National Department of Conservation, étudie les animaux domestiques revenus à la vie sauvage. Il est particulièrement intrigué par ce cochon mythique qu'il souhaite capturer. Il part avec son fils Michael sur ses traces. L'auteur Kenneth Cook réussit brillamment à captiver le lecteur avec une histoire à la trame des plus simples. L'aventure est présente à chaque page, faite de rebondissements et de terreur. Ce récit plaira vraisemblablement aux chasseurs féru de littérature mais aussi aux lecteurs juste curieux. Un film sorti en 1984 nommé Razorback évoquait ce thème similaire dans le registre de l'horreur, Kenneth Cook nous donne là une version beaucoup plus intéressante... écrite en 1980 !

    Auteur : Kenneth Cook


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  • LE TRÉSOR DE LA BAIE DES ORQUESJonathan Church, jeune homme bien bâti, intelligent, éduqué mais sans le sou, cherchant désespérément à s'éloigner de Sydney, de son père et de sa propre vie, arrive par hasard à Three Fold Bay et s'y fait engager en tant que rameur dans une équipe de baleiniers. La baie est propice à la chasse à la baleine : les orques, dans une sorte d'alliance tacite entre terribles prédateurs, rabattent à portée de harpons les baleines égarées, repérées au large... Tous les baleiniers sont au service d'un seul et même homme, David Hoyle, à qui tout appartient, des embarcations jusqu'aux maisons, du fruit de la chasse jusqu'à la monnaie frappée dans la contrée. Rien ne lui échappe. Jonathan Church va tenter de se soustraire à son omnipotence en trouvant avec la complicité d'une jeune Japonaise et d'un Américain un trésor enfouie sous les flots de la baie. Le récit navigue entre Stevenson et Melville et vaut surtout pour la description haletante des chasses menées avec une complicité cruelle par les orques et les hommes à l'encontre de baleines vouées aux pires agressions et poussant des chants déchirants.

    Auteur : Kenneth Cook


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